Quelques notions de peinture

1. Les couleurs
Primaires, secondaires, complémentaires, froides ou chaudes...

2. Principes et techniques
Le gras sur maigre, les fonds...

3. La perspective
Principes de base

4. Les marines
Comment appréhender la mer et ses abords

5. Les paysages
Quelques questions à se poser avant de commencer

6. Matériels
Pinceaux, couteaux, entretien

Les couleurs


Primaires

* Rouge (Magenta)
* Jaune
* Bleu (Cyan)


cercle.jpg (11658 octets)


 

A quoi sert une couleur complémentaire ?
Essentiellement à équilibrer les couleurs fortes mais on les retrouve aussi dans les ombres portées.


Tertiaires

Sur ce schéma on comprend mieux le terme de couleurs "tertiaires". Il s'agit des secondaires auxquelles on a ajouter une dose de primaire.

On peut également parfaitement visualiser les "complémentaires" par un regard opposé des couleurs.

 
- Attention à la température des tertiaires


* Principe 1: Pour changer la tonalité d'une couleur opaque, on utilise un glacis.
Exemple avec un rouge, on l'assombrit avec un glacis brun, on l'éclaircit avec un glacis jaune, on le casse avec un glacis blanc.
Une 3ème couleur créée à partir de deux couleurs superposées en glacis sera plus lumineuse et plus profonde que si elle avait été créée sur la palette.

* Principe 2 : Pour opacifier une couleur transparente, on peut ajouter du blanc ou du noir

   

                                                               Choix des couleurs selon les sujets : principes de base


* Peau : à base de Sienne Naturelle, ocre jaune, carmin et blanc - ombrer avec du bleu ou du vert pour des ombres froides

* Arbre : selon les espèces peintes, mais les bases seront vert moyen, vert de vessie, jaune primaire ou citron, blanc (attention le blanc sert pour la brillance non pour éclaircir un vert) - ombrer avec bleu de prusse ; pour les troncs, terre de Sienne brûlée, terre d'ombre brûlée, ocre et blanc

* Sols : selon les régions, mais les bases seront ocre jaune, terre de Sienne naturelle ou brûlée, terre d'ombre brûlée, blanc et jaune de Naples - ombrer avec des bleus ou violets

* Neige : la neige n'est pas forcément blanche. Elle est teintée de reflets, de jeu d'ombres. Elle n'est pure que dans les zones parfaitement éclairées. Choisir une gamme de couleurs réduites (penser teintes froides). Utiliser les couleurs du ciel pour les reliefs et reflets sur la neige.

* Ciels : Limpides en bleu céruléum, cian ou ciel avec une nuance d'outremer, phtalo ou prusse ; nuageux, rajouter des blancs, gris de Peynes et violet.

* Nuages : La base est blanche, mais pour leur donner du corps il faudra ajouter des nuances de gris obtenues par mélanges de bleu, de rouge et de vert. Ces mélanges donneront plus de force qu'un gris tiré d'un tube de gris de Peyne.

                                                                                          Techniques d'application


Terminologie

* Repentir : erreur effacée ou gratter puis corigée

* Embus : défaut d'huile dans un mélange (trop gras sur trop maigre) rendant terne

* Frottis : procédé permettant d'apporter une nuance ou une transparence sur un fond sec : frotter un peu de peinture avec un pinceau dur et sec (usagé) sur le fond sec. Donne un effet souvent inégal

* Glacis : procédé utilisé essentiellement pour nuancer les peaux, les ombres, le tout en transparence par l'apport d'une valeur plus claire ou plus foncée : avec un pinceau doux et souple appliquer un mélange de peinture et de médium (plus ou moins gras) sur fond sec. On peut répéter l'opération plusieurs fois en laissant toujours sécher les couches.

* Fondu : mélange adouci de couleurs différentes afin d'obtenir un dégradé imperceptible (comme un ciel au couchant... mais aussi pour modeler un visage...)

* Casser : une couleur avec du blanc : l'affadir

* Rabattre : une couleur avec du noir : la ternir


Le "gras sur maigre"

La peinture à l'huile sèche lentement par "oxydation" des couches supérieures jusqu'au cœur de la matière. Afin d'éviter le phénomène de craquelure, il est recommandé, lorsqu'on travaille en plusieurs couches successives, d'amaigrir les premières couches avec du taltine, puis d'utiliser la peinture pure ou diluée dans un mélange appelé "Medium" (huile de lin et taltine en proportions variables - généralement 50/50).


Les fonds

Pour une meilleure approche des couleurs posées sur la toile et de l'harmonie de la composition, il peut être utile de travailler sur une toile recouverte d'un jus neutre qui permettra de mettre en valeur la lumière des couleurs apposées ; le but étant de supprimer les blancs qui neutralisent la lumière et le rapport des valeurs.
En règle générale, un fond blanc se prête mieux à des tableaux riches en couleur alors qu'un fond coloré offrira un ton de base sur lequel viendront s'harmoniser les couleurs.


Le drapé

    - Peindre le motif dans la couleur dominante.
    - Déterminer l'emplacement des plis (vagues ou anguleux selon l'étoffe plus ou moins souple).
    - Accentuer le creux des plis avec une nuance plus soutenue (foncée).
    - Intensifier le relief avec un clair (le ton cassé de blanc par exemple).


Luminosité et chaleur

De l'importance des ombres dépend l'intensité de la lumière :
* Luminosité ou éclairage fort = ombre forte
* Lumière sombre = peu d'ombre
Pour éclaircir un sujet ou un paysage voir à augmenter la tonalité des ombres.

Un autre principe veut qu'une lumière chaude ait une ombre froide et inverserment une lumière froide aura une ombre chaude.


Verre et transparence

La finesse du verre est traduite par un trait léger voire absent. C'est la lumière qui se réfléchit dans le verre qui trace son contour. Ne pas oublier les réhauts de lumière et le reflet des objets environnant. Si le verre est rempli d'eau claire, penser à l'effet visuel déformé, voir inversé selon l'angle de vision.
La couleur du verre-matière joue sur le ton de la transparence. A travers un verre vert, on verra le fond ou les objets placés derrière teintés de vert




La perspective


    Point de Vue

    Le point de vue choisi influence l'aspect du dessin.

* Point de vue haut : donne une impression d'espace, de panorama


* Point de vue normal (œil du spectacteur debout) : les objets en arrière-plan sont cachés, tout ou partie, par les éléments du premier plan


* Point de vue bas : les objets du premier plan prennent plus de place, plus d'importance au détriment des arrières-plans.




Perspective linéaire



En fonction du point de vue, on perçoit différemment les contours des objets. Ils semblent déformés, ils rapetissent en s'éloignant. C'est flagrant lorsqu'on regarde le mur d'une maison de biais, ou le carrelage d'un couloir.
Si on prolonge d'un trait imaginaire un mur sur un dessin jusqu'à la ligne d'horizon, on trace une ligne de fuite qui coupe l'horizon sur le point de fuite. En traçant des traits sur les autres lignes parallèles du mur pour rejoindre le point de fuite, on obtient un effet de perspective correct.

Attention : la ligne d'horizon dépend du point de vue (haut, normal ou bas)




C'est la forme que prend un cercle lorsqu'il est vu en perspective            



Attention aux extrémités : elles ne sont pas pointues



Perspective Aérienne


Un paysage est un ensemble de plans verticaux qui s'éloignent en s'éclaircissant.
Autrement dit, plus ce qu'on regarde est prêt, plus il est net et contrasté ; plus il est loin, plus il est flou et clair.
Pour le rendre en peinture, on peut jouer sur les tons bleutés qui rappellent les couches atmosphériques responsables de ce phénomène.
Pour ce qui est de la précision des objets éloignés, il faut se méfier de sa propre analyse : on peut avoir tendance à figurer tous les détails éloignés car on les connaît. En peinture il faudra les oublier. Une méthode consiste à plisser les yeux pour ne distinguer que l'essentiel et oublier le détail.




Reflets

La perspective est également rendue par la disposition des reflets d'un sujet dans l'eau. Plus le reflet est proche de son sujet plus il est serré. Au contraire, plus le reflet s'éloigne du sujet plus il est espacé   

Les ombres et lumières


Enfin, les ombres portées ont leur rôle à jouer dans l'effet de perspective. Leur longueur, leur sens et leur intensité sont très utiles.

Les marines



La mer et ses vagues, la plage avec son sable, ses algues échouées, ses herbes folles et ses rochers, le ciel qui plonge dans l'eau, les voiliers au lointain, ... les marines sont des sujets très complets. L'une des difficultés sera de rendre ce paysage le plus vivant possible au point d'avoir envie de piquer une tête ou de flâner sur la plage !...

La côte depuis la mer ou la mer depuis la côte ?
Le spectateur est-il sur la plage ou sur la falaise qui domine le paysage ?
Voit-on l'horizon ou se fond-il avec l'eau ? S'il est haut; on ne voit que la plage et l'eau. S'il est bas, on ne voit que le ciel ou presque.
Le temps est-il clément, chaud et la mer calme ; nuageux, tourné vers la brume et la pluie et la mer agitée par le vent ; sombre et orageux et la mer forte voire en tempête ?

Autant de questions auxquelles il faudra répondre avant de choisir les couleurs dominantes du tableau.




L'horizon : c'est entre le ciel et l'eau. Si le temps est clair cette démarcation sera franche : ciel clair se jetant dans une mer plus foncée. Si le temps est brumeux on ne verra que peu cette démarcation : on atténuera donc la ligne qui sépare ciel et mer par un coup de pinceau propre.la démarcation


L'eau : la mer est changeante, miroitante, ridée de vaguelettes ou brassée d'écume. Elle ne se compose jamais que d'une seule couleur ; il y a celle du ciel, celle des algues en suspension, celle de la profondeur... Alors on varie les bleus et les verts avec une pointe de blanc sur la crête des vagues (pas le blanc pur que l'on réservera pour l'écume des premières vagues).


Les vagues : petites elles sont représentées par de simples traits de couleurs différentes. Hautes elles se décomposent en crête, corps et ombre... "La mer reflète les couleurs du ciel"

Pour creuser une vague il est important de poser les coups de pinceau arrondis dans le sens du rouleau       
Quand elle arrive sur la plage, la vague mousse et porte également une petite ombre sur le sable mouillé.
Quand elle arrive sur une falaise, la vague se fracasse en écumant et en suivant le relief de la falaise.
La plage : Sable ou galets la plage est généralement mouillée juste devant la vague (à moins que ce soit marée montante).
Donc ces éléments seront faits d'une couleur plus foncée (un ton au-dessus du reste de la plage). Il y a aussi des débris de coquillages, algues et autres éléments apportés par la mer et qui marquent la limite de la marée haute.









* Perspective "aérienne"

C'est le phénomène atmospérique des couches successives de l'air ambiant qui fausse les couleurs éloignées en les teintant de bleu cassé.
A rendre en peinture : directement avec des couleurs bleutées et vers la fin, sur fond sec, par un glacis bleuté.

* Perspective "linéaire"

Ce qui est loin est plus petit mais garde les mêmes proportions qu'un sujet proche vis à vis de son environnement. PENSER "POINTS DE FUITES" (voir "perspectives")

* Choisir un thème

Il faut savoir cadrer un paysage. Mieux vaut un motif isolé qui retiendra l'attention (maison, arbre, massif de fleurs...) plutôt qu'un ensemble de détails trop confus où l'œil se perdrait.
Un paysage large peut cependant être intéressant s'il est traité comme une vue panoramique avec un premier plan simple donnant du recul au paysage.
Il y a évidemment l'exception de la scène de rue, place de marché... où chaque détail aura son importance dans le respect d'un équilibre harmonieux.
Il convient également de choisir la luminosité du sujet. En fonction de l'heure un paysage n'aura pas les mêmes valeurs :
* Lever du soleil : valeurs froides à tièdes. Contrastes tendres.Tons rosés.
* Midi : valeurs chaudes. Contrastes intenses. Tons forts.
* Soirée : valeurs chaudes à tièdes. Contrastes minimisés. Tons bleutés.
* Variations à doser à force d'observation
*
* Paysage de neige.

La neige adoucit le contour des objets ainsi que les reliefs.
Privilégier le "flou" pour le lointain et un premier plan détaillé pour donner de la profondeur au tableau. N'utiliser le blanc pur que pour les réhauts de lumière sur la neige qui, elle, sera de la couleur du ciel par effet de reflet, avec des ombres selon les objets posés dans le paysage (arbre, maison...) ou des ombres dues au relief du paysage, aux congères poussées par le vent...
L'utilisation d'un pinceau doux donnera une neige poudreuse alors que des aplats au couteau donneront un aspect dur et glacé à la neige.

* Coucher de soleil

L'intérêt de ce thème est la chaleur des couleurs qui s'en dégage. Qu'importe le sujet île paradisiaque, montagne enneigée, campagne sereine... l'important est de ne pas rater l'harmonie des couleurs et lumières.
Choisir des rouges et des jaunes lumineux, des violets et des bruns rougeâtres. Ne pas oublier les reflets du soleil sur les objets et éléments du paysage qui permettent de jouer sur la profondeur du tableau.

* L'eau

L'eau est transparente ! Elle puise sa ou ses couleurs dans le ciel et les éléments du paysage qui l'entourent. Ce sont ces reflets de couleur qui trahiront la présence de l'eau dans un tableau.
La profondeur de la mer joue une importance sur la tonalité de sa couleur : elle reflète le ciel un ou deux tons plus foncés ou plus vert. Une simple flaque sur la route ne reflète que le ciel ou l'élément du décor proche dans la même tonalité.
Ne pas oublier de faire bouger l'eau. Même sur un lac limpide et calme il y a toujours des petites rides qui brouillent le reflet des éléments.

* Les nuages

Les nuages bougent sans cesse changeant de forme et de couleur, s'effilochant ou bien s'agglutinant les uns aux autres. Ils ne se fondent pas ensemble mais forme des masses de tonalités différentes. Il n'y a pas de règle fondammentale pour peindre un nuage ; comme pour tout autre sujet, il faut savoir d'où vient la source lumineuse (au-dessus ou à l'horizon ?) et marquer les ombres en fonction. Eviter de faire des nuages trop parfaits : ils seront statiques ! Effilocher les contours par endroit pour leur donner du mouvement.
Lorqu'on commence la toile, il peut être judicieux de réserver les zones nuageuses au moment où l'on peint le ciel si on veut faire ses nuages de suite. Sinon il faudra attendre que le fond bleu sèche un peu pour modeler les nuages.


* Les arbres

Arbre isolé, bouquet d'arbres, forêts ?
Premièrement choisir la forme de l'arbre à peindre (rond, en cône, évasé, régulier, torturé...) et commencer par sa silhouette. A-t'il des branches qui dépassent ? Son feuillage forme-t'il des bouquets au bout des branches ou bien est-il compact , fourni ou dispersé ? Voit-on le ciel au travers ?
Autant de questions à se poser avant de commencer un arbre isolé. Restera ensuite à définir sa couleur ou plutôt ses nuances de couleurs : vert bleu, vert jaune, vert gris, rouge orangé ... ? Son tronc est-il blanc gris, brun roux, brun noir ... ? L'écorce est-elle lisse, irrégulière, striée... ? Au travail !
Un bosquet ou une forêt seront forcément plus compacts qu'un arbre isolé, mais il faudra tout de même se poser les questions de la silhouette qu'aura l'ensemble. Pour faire se détacher les arbres entre eux, il faut jouer sur les contrastes clairs/obscurs, un arbre de premier plan étant généralement plus clair qu'un arbre positionné derrière.
Le feuillage est plus sombre à l'intérieur et à la base de la masse. Pour les arbres qui portent leur feuillage en bouquet, pensez alors à détacher ses bouquets en jouant encore et toujours avec les valeurs claires/sombres.
Toujours penser à poser son ou ses arbres en n'oubliant pas l'ombre projetée au sol !


* La Montagne

Encore des questions : quelle est la saison ? La montagne est-elle le fond du décor ou l'élément principal du tableau ? Verdoyante, enneigée, rocheuse, jeune et accidentée (Alpes, Pyrénées), vieille et adoucie (Jura, Auvergne), aride, boisée ... ?
Règles générales :
* Claire au sommet, la montagne est plus sombre à sa base du fait de sa masse ou de la végétation boisée.
* Elle a du relief, généralement accidenté, d'où des zones sombres et des zones claires qui se jouxtent. Les transitions entre zones seront anguleuses sur une jeune montagne et au contraire arrondies sur de vieux massifs.
Matériel

Les Pinceaux

Formes

* Ronds : Permettent de tracer de grandes trainées uniformes (pour peu que la peinture soit un peu diluée). Les petits formats servent aux détails fins.

* Carrés : A poils courts, ils servent à appliquer de petites touches de matières. A poils longs ils assurent le remplissage de zones importantes sans bavure. Leur rebord permet également de tirer des lignes fines.

* Amande ou usés bombés : à la fois ronds et plats ils réunissent les avantages des deux précédents.

* Eventail : idéal pour fondre les couleurs entre elles, ils donnent de jolis effets éfilés ou en épi.


Poils

* Dépose souple et uniforme : poils de Martre, Martrette, Putois...

* Dépose en masse, laissant des traces : poils en soie de porc

* Compromis : la plupart des poils synthétiques


Entretien

* Enlever le maximum de peinture en essuyant dans un chiffon
* Rincer dans le White Spirit pour enlever le gras de la peinture
* Nettoyer au savon de Marseille et à l'eau tiède pour enlever toute trace de pigment
* Laisser sécher à plat ou la pointe en l'air après l'avoir reformer si possible

Les Couteaux


Peuvent servir simplement à gratter une erreur ("repentir") mais ils s'utilisent comme un intrument de peinture à part entière. En aplat pour couvrir une large surface, sur la tranche pour tracer des lignes, avec la pointe pour "sculpter" la matière, la pratique et l'imagination et les nombreuses formes qu'ils présentent feront le reste...

L'acrylique

Les avantages
La peinture acrylique présente des qualités proches de la peinture à l'huile tout en étant plus facile d'emploi, elle permet de réaliser des effets proches des autres techniques, gouache, huile, aquarelle.
- Elle ne ternit pas, ne jaunit pas et ne se craquelle pas.
- Elle adhère sur tous les supports sans nécessiter d'apprêt.
- Elle sèche rapidement et ne dégage pas d'odeur désagréable.
- Elle n'est pas toxique et se dilue à l'eau .

La couche de peinture est extrêmement stable et imperméable, elle ne peut plus être modifiée.
Les lavis ou glacis peuvent être appliqués sans attendre.
Par contre, la technique de la peinture acrylique ne permet aucun tâtonnement , ni reprise.


Les couleurs acryliques
La résine acrylique constitue le liant, celle ci est mélangée aux pigments avec une certaine quantité d'eau pour former la peinture. En pâte elle est légèrement plus épaisse et crémeuse que la peinture à l'huile.
La qualité de la peinture dépend de la qualité des pigments employés et de la quantité de résine par rapport à la quantité d'eau. Des couleurs contenant des substituts de pigments et de la charge sont disponibles à des prix très bas, elles sont beaucoup moins stables et en général employées pour des études.
Toutes les couleurs de toutes les marques sont miscibles entre elles. La couleur en tube est plus épaisse et sèche moins vite, la couleur en pot est plus fluide, sèche plus vite et en générale est utilisée pour des grands aplats.


Les médiums et mortiers
Le médium sert à diluer la peinture qui sortie du tube est assez épaisse, diluée à l'eau, la couleur aura un aspect plus mat et moins durable.
Grâce aux médiums mats ou brillants, il est possible d'augmenter ou de réduire la brillance.
Pour les glacis, la peinture est diluée avec un médium transparent les effets sont alors très proches de ceux obtenus avec la peinture à l'huile.
Dans certains cas, le médium permet aussi de donner de l'épaisseur et de créer des reliefs. Incorporé à raison de 10 à 15 % , le retardateur permet de disposer de plus de temps pour travailler la matière.
Les mortiers sont des médium additionnés a des charges
( poudre de marbre, ponce, sable ..) Ils permettent de créer des reliefs et des effets de matière.


Les vernis
En séchant , la peinture est très stable et résistante, la couche est même lavable à l'eau et au savon. Il n'est donc pas utile de protéger avec un vernis. Dans certains cas , pour des peintures murales, ou quand les couleurs sont fortement diluées, il est indispensable de vernir.
Le vernis permet aussi de modifier la brillance. Il est indispensable d'attendre que la peinture soit bien prise à coeur avant de vernir.
Les supports

En dehors des toiles dont on choisira une préparation " maigre " à l'enduit acrylique, tous les supports conviennent, le bois, l'isorel , le carton, le papier aquarelle, le métal, le plâtre. pour tous ces supports, il est nécessaire de poncer et d'appliquer un apprêt acrylique de type Gesso ( blanc de meudon + médium acrylique) .
Les compléments et accessoires

couteaux à peindre, palette, godets, pinceaux et brosses.

L'huile

Cette technique connut un grand succès, elle permettait de réaliser des peintures sur des toiles de grand format qui pouvaient ensuite être roulées et transportées.
Le Titien développera la technique en jouant librement avec la couleur. Rubens (1577-1640) influencera Rembrandt qui développera la technique des modelés monochromes avec glacis de couleurs " la grisaille " qui devint une méthode académique.
La technique de la peinture à l'huile connut sa révolution au XIX eme avec les impressionnistes qui négligeant le glacis, appliquaient la couleur par touches opaques produisant un effet immédiat .
La mise sur le marché de tubes de peinture à l'huile date des années 1850, elle fit disparaître la fabrication artisanale en atelier .
Les couleurs à l'huile Les pigments sont les mêmes que pour la gouache, l'aquarelle ou l'acrylique. Ils sont finement broyés et mélangés avec de l'huile de lin ou d'oeillette.
Les propriétés des pigments sont très variables c'est pourquoi certaines couleurs sont plus épaisses, opaques ou intenses. Chaque pigment réagit différemment à la lumière, à l'humidité.
Certaines couleurs sont susceptibles de se modifier , ce sont les couleurs fugaces . Les couleurs peuvent être classées selon leur stabilité, il n'existe pas de code mais certains fabricants classent les couleurs comme par exemple AA , très grande fixité, A, durable, B, moyen, C, fugaces. Le classement peut aussi être fait avec des étoiles , 1 , 2 ou 3 * . Le prix des peintures varie avec le coût des pigments, la finesse du broyage, (couleurs fines ou extra fine) .
La peinture à l'huile ne sèche pas par évaporation du liant mais par oxydation de l'huile au contact de l'air. Ce processus est très long et c'est une caractéristique de la peinture traditionnelle à l'huile.
Il faut de plus attendre entre chaque couche que la précédente soit sèche. Par contre les reprises sont possibles indéfiniment .
Une peinture à l'huile nouvelle à base de résine " alkyde " permet de résoudre le problème de vitesse car elle sèche en 24 heures.
Elle donne de très bon résultats et notamment pour la peinture des volumes , figurines. Il existe maintenant des peintures à l'huile diluables à l'eau ce qui évite de respirer les odeurs d'essence .

Adjuvants et diluants
· la peinture est souvent trop épaisse, il faut la diluer, on utilise de l'essence de térébenthine. ( essence du pin ou du mélèze).
· On peut lui substituer le white spirit ou mieux encore l'essence de pétrole presque inodore dont la forte volatilité accélère le séchage . D'autre part, dans le cas d'un travail par couches successives, chaque couche doit être plus grasse que la précédente, " gras sur maigre " afin d'éviter les craquelures.
Dans ce cas, la solution consiste à utiliser un mélange d'huile de lin et de térébenthine en augmentant à chaque couche la proportion d'huile de lin. La térébenthine servira pure au nettoyage des pinceaux entre chaque couche.
· Essence d'aspic : obtenue par distillation de la lavande, donne une pâte plus onctueuse
· Huile de lin décolorée : pour augmenter le brillant des couleurs et retarder le séchage, elle jaunit à l'abris de la lumière et éclaircit au soleil. · Standolie : huile de lin polymérisée qui ne fonce pas, sèche plus vite que l'huile de lin décolorée . Ne s'emploie pas pour les couches de base. · Huile d'oeillette : presque incolore , est préférable pour les tons bleus o u blancs, sèche moins vite que l'huile de lin.


Médiums
Pour modifier la consistance, le comportement de la couleur, réduire le temps de séchage.
· Médium à peindre : pour peindre sans utiliser le mélange térébenthine+huile ·
- Médium flamand : résine mastic et huile cuite, pour augmenter le pouvoir réverbérant du support et donner plus de profondeur à la couleur.
· Médium Vénitien : à base de cire, pour atténuer l'effet de brillance · Médium d'empâtement : pour obtenir une pâte plus compacte et augmenter le relief des touches , se mélange aussi avec le médium flamand .
· Médium siccatif : pour accélérer le séchage existe en brun ou en incolore.
Vernis
Le vernis n'est pas indispensable, Il permet néanmoins de protéger le tableau contre les poussières, il doit être appliqué sur une peinture sèche, le séchage peut durer 3 mois à 1 an. Le vernis existe en plusieurs versions, liquide ou en aérosol.
Vernis à retoucher à vieillir, craqueleur .. Un bon résultat satiné peut être obtenu avec le vernis " céronis " dilution de cire blanche.


Les supports
Le support naturel est la toile , celle ci possède une texture et une souplesse qui conviennent . Elles sont disponibles en différentes qualités ( coton ou lin ) et selon le nombre de noeuds présents dans le tissage elles nécessitent plus ou moins d'apprêt .
· Le coton se tend moins facilement et absorbe moins bien l'apprêt que le lin. Il est par contre moins cher. Le coton doit être préféré aux toiles mixtes lin/coton qui réagissent mal à l'humidité et peuvent se distendre. · Le support le plus adéquate est le lin mais aussi plus cher.
La préparation est aussi importante, une préparation grasse à l'huile est préférable aux préparations " maigres " (préparation universel) .
· Le carton : c'est un bon support si il est convenablement apprêté, existe aussi en carton toilé apprêté.
· Le papier : Il existe des papiers spéciaux pour acrylique et huile . Les apprêts et enduits sur toiles nues L'apprêt est utile pour éviter le pourrissement des fibres par l'huile, c'est en général de la colle d'os ou de peau appliquée à chaud sur la toile , sur le carton ou le bois on utilise de la colle de caséine à froid.
Le fond ou enduit est ensuite appliqué par dessus pour recevoir ensuite la couleur . · C'est en général un mélange de craie ou de blanc d'Espagne mélangé à de la gélatine " Gesso " à l'ancienne .
· L'enduit peut aussi être à base d'huile ( enduit gras) mais dans ce cas le support ne pourra recevoir que de la peinture à l'huile.
· En général, les toiles sont maintenant enduites avec " du Gesso " acrylique , composé de médium acrylique et de blanc de meudon. Accessoires et compléments Livres, palettes, godets, couteaux à peindre , pinceaux, brosses.

LES TECHNIQUES PLASTIQUES

 

Par " techniques" on désigne les procédés utilisés par les artistes pour réaliser leurs oeuvres.
Si les principales : huile, gravure, fonte, lithographie, vidéo.. vous sont familières, connaissez-vous pour autant leur particularité, leur histoire ?
Les artistes mélangent parfois plusieurs techniques, les combinaisons permettant une grande richesse expressive ; par exemple le rendu fantômatique des tableaux de Léon Spilliaert (début du 20ème) venait pour partie de l’usage d’encre de Chine, lavis, pinceau, crayon de couleur, pastel gras, pastel sur papier sur la même toile ; plus récemment les vidéos s’intègrent dans des installations qui, dépourvues, seraient statiques.

PEINTURE TECHNIQUES MIXTES

La principale difficulté rencontrée dans la lecture des textes de techniques picturales réside souvent dans l'ambiguïté des termes employés. La notion de technique mixte en est un bon exemple.

 

Première définition :  nous nous réfèrons au sens historique du procédé et entendons par "technique mixte" un travail exécuté au préalable à la tempera maigre ou grasse (ou les deux à la fois), terminé par des glacis ou "velature" à la peinture à l'huile, tel qu'on peut le voir dans le tableau de Lluís Borrassà précédemment évoqué. Cette manière a vu le jour vers 1350, avant la mise au point du procédé flamand.
De même nous parlerons de technique mixte pour un travail en détrempe quelconque achevé au pastel.  

Seconde définition : qui semble être devenue le standard actuel via l'usage anglo-saxon. Il s'agit là d'une toute autre technique qui consiste à peindre à tempera grasse sur une couche exécutée à l'huile. Cette couche peut être une imprimatura colorée fraîche ou une couche sèche. Dans ce dernier cas, la tempera, blanche ou au moins très claire, servira surtout à marquer les lumières sur le sujet. Que la couche de dessous soit fraîche ou sèche, la tempera permettra d'exécuter facilement les modelés, avec l'opportunité de créer, au passage, de délicats gris optiques (principe premier de la velatura). Ces plages de tempera seront ensuite reprises à l'huile. 
On peut tout simplement appeler cette technique mixte le procédé flamand.

Son usage a perduré, partiellement, jusqu'au XIXème siècle avec les blancs à "impasto", ou "putrido", liés à l'oeuf.  

Deux excellents auteurs ont très bien décrit cette technique : 

- Max Doerner, The materials of the artist and their use in painting , Harcourt 1984. Première édition en allemand : 1934. (au chapitre sur la technique des Vieux Maîtres).

- Nicolas Wacker, La peinture à partir du matériau brut, Éditions Allia, seconde édition 2004. Première édition par l'auteur 1980. (Ce livre est remarquable et injustement méconnu).

Vers les années 1945 les premiers contemporains n'hésitaient pas à obtenir des effets en mixant toutes sortes de procédés comme l'ajout d'objets sur le  tableau, projection de matières diverses.

Depuis l'on recherche moins à étonner qu'à trouver des matériaux exactement adaptés à l'expression recherchée.

Les techniques sont choisies pour leurs qualités propres et leur complémentarité : aquarelles, acryliques, craies grasses, crayons de couleurs, encre de chine, gouaches.... 

Mêler la transparence de l'aquarelle à la douceur du pastel tendre, souligner d'un lavis transparent, réhausser une couleur au pastel à l'huile, aviver d'une touche de gouache ou créer de la texture au moyen des matériaux les plus divers.

Préparer sa toile avec du gesso, créer des empâtements avec du modeling paste, peindre son sujet à la peinture acrylique et le réhausser à l'aide de glacis à l'huile.

Ces procédés de peintures sont infinis et de plus en plus répendus de là vient l'appelation : peinture techniques mixtes .

On peut résumer en précisant que la technique mixte est la combinaison de différents types de médiums et techniques pour une seule et même oeuvre, au lieu d'un seul et même médium. A cause des différentes compositions physiques et chimiques propres à chaque technique, un grand soin doit être apporté afin que la structure finale du travail puisse être stable. Toutes sortes de matériaux peuvent être utilisés, comme des pages de papier journal, des photographies, du tissu, des fleurs, ... ou une oeuvre issue de la technique mixte peut simplement (enfin, pas si simplement que cela !) résulter de l'utilisation de deux médiums, comme de la gouache et du pastel appliqé par-dessus.

Bien qu'elles soient très populaires de nos jours, les techniques mixtes ne sont pas un phénomène récent : de la feuille d'or était souvent ajoutée aux peintures murales des églises, Léonard de Vinci mélangeait souvent le pastel à d'autres outils de dessin, William Blake utilisait des lavis d'aquarelle sur ses tirages, Edgar Degas combinait le pastel au fusain et aux encres d'imprimerie.

Si on veut trouver une définition à la « technique mixte », on pourrait dire qu'il s'agit d'un procédé qui consiste à allier plusieurs techniques différentes, sur une multiplicité de supports, pour une même oeuvre.

Sans être exhaustif bien entendu, je rappelerais que les artistes emploient couramment comme supports soit de la toile, soit du carton, du bois, du papier-journal etc...

Le mode d'expression constitué par l'utilisation d'une « technique mixte », suivant la propre créativité de l'artiste, se trouve donc dans le mélange de plusieurs matériaux.

On peut citer en particulier :

- huile et pastel ou gouache

- huile et papier

- acrylique et carton ou isorel

- acrylique et chaux

- acrylique et collages de textures diverses notamment sable, coquillages, tissus, plumes...

- aquarelle et pastel

- etc...

SECRETS D'ARTISTES

La première et celle que j'utilise le plus fréquemment est ce que l'on nomme techniques mixtes de peintures

Personnellement je prépare ma toile avec des empâtements tel que le gesso et le modeling paste sur laquelle je projette de la couleur acrylique assez diluée. Après un certain temps de séchage et en fonction du résultat obtenu sur le tableau, je repasse une couche de gesso et ou modeling paste et ainsi de suite. Mes peintures se verront terminées par différentes couches de glacis à la peinture à l'huile. Les tableaux obtenus sont avec ces finitions beaucoup plus profonds et les sujets mis en valeur par de magnifiques couleurs et lumières.

Parfois un vernis émaillé peut être appliqué pour finaliser le tout.

http://www3.sympatico.ca/robin.rousseau/lexique.htm

http://www.ecoles.cfwb.be/argattidegamond/cartable/proc%E9d%E9s%20picturaux.htm#Les%20techniques%20contemporaines

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